Délégationde Nouvelle-Calédonie

Les filles de La Rochelle

C’est un titre de chanson, une chanson de marin et, de fait, Agathe et Camille ont embarqué pour la Nouvelle-Calédonie. Élèves en quatrième année au Groupe Sup de Co La Rochelle, elles ont suivi l’usage voulu dans cette école de commerce en s’engageant, en fin de cursus, dans une mission humanitaire. Contacts, échanges d’e-mails, et nos deux demoiselles ont finalement débarqué le 15 septembre 2011 à l’aéroport international de Nouméa, La Tontouta, après un premier séjour humanitaire au Togo.

Les filles de La Rochelle

Dès les premiers jours, Agathe et Camille ont rendu visite à toutes les antennes du Grand Nouméa, et nos mamies furent bien étonnées de voir des bénévoles venir de si loin. En effet, en école supérieure de commerce, on apprend bien sûr à entrer en relation avec « l’autre », mais il s’agit d’une relation commerciale, toute en nuances… compétitives. Il faut proposer la meilleure offre, être en tête sur les marchés, gagner la course. Au Secours Catholique, la relation à l’autre est différente :

-  Agir sur les causes de la pauvreté en s’engageant avec les personnes qui la subissent ;

-  S’associer avec les personnes rencontrées par un accompagnement fraternel et par l’action collective ;

-  Favoriser et soutenir l’engagement solidaire de tous…

C’est une autre chanson, un répertoire différent.

Un autre regard en effet que les élèves des écoles de commerce garderont peut-être à l’esprit afin d’équilibrer la balance, de ne pas se laisser submerger par ce monde de compétition… Certes, il faut « rendre à César… », mais ces expériences humanitaires peuvent permettre de prendre du recul et de relativiser.

Ainsi, Camille et Agathe ont accueilli, écouté et partagé avec les personnes en difficulté de l’antenne Cathédrale plusieurs fois par semaine ; elles ont assuré la permanence de la bibliothèque et assisté régulièrement les personnes handicapées du foyer Reznick. Visites dans les squats aussi, accueil au Camp-Est des familles en attente de parloir et travaux administratifs à la délégation, consacrés essentiellement aux budgets prévisionnels de nos différentes actions de terrain… En bref, la « routine » promise lors de nos premiers contacts, y compris parfois en se coltinant des livraisons de mobilier avec le délégué du Secours Catholique de Nouvelle-Calédonie alors qu’il était momentanément privé de chauffeur… Merci les filles !

Agathe et Camille ont 20 ans et la vie devant elles, c’est une belle manière de découvrir le monde en s’engageant auprès des plus démunis et en découvrant, justement, la valeur de l’engagement. Se lever à l’heure pour être disponible quand on est attendue, ce n’est pas toujours si simple… Pas vrai Camille ? Mais elles étaient présentes et vont nous manquer, car les jeunes bénévoles apportent toujours un « petit plus » souvent bien utile. Par exemple, il est beaucoup plus simple pour une jeune fille venue rendre visite à son compagnon, détenu au Camp-Est, d’engager la conversation avec quelqu’un de son âge pour parler de choses très personnelles et passer ensemble un bon moment… Venir demander quelques vêtements est aussi plus facile quand on est d’une même génération et que l’on peut essayer des habits ensemble ou parler chiffons en s’amusant… Ho ! Les jeunes Calédoniens ! Auriez-vous un peu de temps à nous accorder pour venir renforcer nos équipes ? Nos portes vous sont grandes ouvertes !

Un autre regard : entretien avec Agathe et Camille

• Connaissiez-vous déjà le Secours Catholique ?

Agathe et Camille : Oui mais sans plus au niveau national ; en revanche, au niveau international, nous étions sensibilisées aux actions des Caritas en Haïti, en Indonésie… C’est d’ailleurs pour cette raison que nous vous avions contactés.

• Que pensez-vous des actions du Secours Catholique ?

A. et C. : Sincèrement, c’est une très bonne surprise. Pardon, pardon, mais notre inquiétude était de nous retrouver dans un milieu trop stricte, trop « cathos intégristes ». Et là, pas du tout. Des équipes à l’écoute des plus démunis, partageant leurs problèmes, cherchant avec eux des solutions, juste pour les aider et les accompagner, loin de nos idées toutes faites. Là, « ça l’fait ».

• Et vos interventions ?

A. et C. : Pour nous, c’était très enrichissant. L’étiquette « Secours Catholique » nous a ouvert bien des portes et c’est heureux, car sinon nous n’étions que des « métros » de passage. Ce rejet est parfois assez sensible à Nouméa où il arrive que l’accueil soit mitigé. A contrario, notre travail de « touche-à-tout » nous a mises en rapport avec la vraie vie, les « vrais gens » d’ici, toutes cultures confondues et qui, malgré leurs difficultés, sont heureux de partager avec vous ce qu’ils ont : un très beau pays, leurs coutumes, leurs familles, leurs amis…

• Qu’est-ce qui vous a le plus marquées durant votre séjour ?

A. et C. : À coup-sûr, nos après-midi au foyer Reznick. Ces personnes handicapées ont vraiment besoin d’une personne valide pour les accompagner. On se sent vraiment utile et c’est un lien très fort qui se noue très rapidement. Ils nous manquent tous déjà.

• Au fait Agathe, et la kermesse de Lifou ?

A. : Finir le stage de cette manière fut vraiment une très belle conclusion ! Dominique, ou Kaka Dodo là-bas, m’a fait découvrir la beauté des rivages de son île. Préparation de la kermesse ensuite à Hnatalo, où le contact fut tout de suite très facile, car cette antenne du Sama regroupe principalement les jeunes de la tribu ! Surprise ! Jusqu’à présent les bénévoles rencontrées étaient plus âgées que moi… Envoyée à Lifou pour aider Malia à tenir la caisse, j’ai aussi participé d’autres façons, et notamment à la préparation du fameux bami ! Les gens ont été formidables avec moi et assez surpris aussi que je mette la main à la patte pour la cuisine ! Super ambiance ! Cet événement rassemble beaucoup de monde dans l’île ; ressentir cette union entre les personnes de différentes communautés et tribus fut l’une des meilleures expériences humaines vécues en Nouvelle-Calédonie. Si en plus cela permet de récolter des fonds pour le Secours alors il faut foncer !

Oléti à tous ! Merci surtout à Dominique, à Tina et à Théo de leur accueil, sans oublier Jef, Malia, Cathy, Pauline, et tous les habitants de Hnatalo.

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