Délégationde Nouvelle-Calédonie

Une boutique solidaire à Maré

Il en était question depuis deux ans déjà, mais enfin, le 6 mai dernier, la nouvelle « boutique solidaire » du Secours Catholique s’ouvrait à Maré.

À l’époque, la présidente de la délégation, Pascale Carré, et le responsable de l’équipe, Étienne Alane, avaient rencontré monsieur le maire pour évoquer ce qui devait être alors une véritable épicerie sociale. Un tel projet, cependant, demande une gestion très rigoureuse et doit être réservé aux familles vraiment nécessiteuses, ce qui est difficile à réaliser – sans parler de la concurrence faite ainsi au commerce local. Depuis, le projet a évolué : ouverture une seule fois par semaine, tous les mercredis de 7 heures à 11 heures, pour une boutique de vêtements à tout petits prix…

Une organisation irréprochable

Et ce fut une belle fête pour l’inauguration, en ce mercredi 6 mai. Le bouche-à-oreille ayant parfaitement fonctionné, on se pressait bien avant l’heure devant les locaux de l’association SIGUI des jeunes de La Roche. Patrick Cardinaud, vice-président du Secours Catholique de Nouvelle-Calédonie, avait fait le déplacement en compagnie de Dominique Milie, le délégué permanent. Bien sûr, le geste coutumier s’imposait avant tout, en présence de madame Isabelle Sinewami, adjointe au maire et qui représentait son mari, le grand-chef, retenu au Sénat. Alexandre Trimari, président du Conseil pastoral paroissial (CPP) et catéchiste, était là également, encadré de notre responsable d’équipe, Étienne Alane, et de son épouse, Loïse. Chacun prit ensuite sa place, qui à la caisse, qui au comptoir, pour ouvrir les portes dans une ambiance façon « soldes à l’océanienne », mais empreinte cependant de sérieux et de dignité… Organisation irréprochable, Patrick Cardinaud l’a parfaitement noté.

Étienne, pourquoi ouvrir ici cette boutique de vêtements ?

« Nous sommes à Maré, une carte postale pour touristes paraît-il, mais ce n’est pas toujours l’éden qu’on imagine. Ici, nous sommes isolés, sans moyens de transport, et les prix sont très élevés dans les commerces. Pour nous, équipe du Secours Catholique, c’est une façon d’aller vers les gens que de leur proposer des vêtements à prix raisonnables, conformes à leur budget. C’est un véritable besoin, et nous espérons un jour disposer également de petit mobilier car la demande est forte en ce domaine. Et là, ce n’est pas de l’assistanat dans l’urgence ; de cette façon, les gens participent financièrement au fonctionnement du Secours et sont heureux de le faire. C’est un échange de bons procédés, ce n’est plus à sens unique. La recette sera déposée dès le lendemain sur le compte. Imaginez ! 70 000 francs [CFP] furent récoltés pour cette inauguration… Pour les îles, c’est une somme ! Par petits sous de 100 francs [CFP], ce n’est pas si mal, et cet argent sera réinvesti pour aider d’autres personnes. »

Pourquoi ouvrir le mercredi ?

« Tout d’abord, une seule fois par semaine, ce n’est pas faire concurrence au commerce local. Ensuite, le mercredi est un jour pratique pour venir au dispensaire, à des réunions associatives, dans les magasins, et ainsi faire d’une pierre deux ou trois coups en profitant de la journée… Ce n’est pas négligeable vu nos éternels problèmes de transport… »

Comment vois-tu ce projet évoluer dans l’avenir ?

« Il faut prier aussi pour que ça marche. En effet, il s’agit d’un essai. Nous tentons l’expérience de cette boutique pilote. Si nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement, si le bateau accepte nos chargements, si la clientèle est satisfaite et se fidélise… Le Secours Catholique investit dans le transport, le mobilier, les vêtements… Une boutique, il faut l’aménager : nous avons besoin d’étagères, de planches, de tréteaux qui ont souvent du mal à nous parvenir avec le seul bateau disponible en ce moment…Tout cela a un coût et s’il ne s’agit pas de faire [de l’argent] pour [de l’argent], il s’agit quand même de ne pas en perdre… trop ! Aujourd’hui, à coup sûr, [les] accueillis sont satisfaits du service, mais il faut voir si c’est jouable sur la durée. Dans ce cas, notre expérience servira de modèle aux autres îles.

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